Référencement d’un site de dentiste : ce que la déontologie autorise
Publié le 23 septembre 2026
Cherchez « référencement dentiste » et vous tomberez sur des dizaines d’articles qui vous expliquent comment collecter des avis patients et lancer une campagne publicitaire sur votre nom de spécialité. Ces deux conseils sont contraires au code de déontologie. Ils sont pourtant répétés partout, par des prestataires qui n’ont pas ouvert le texte.
Commençons donc par ce que vous avez le droit de faire. Le reste en découle.
Ce que le décret de 2020 a réellement changé
Avant décembre 2020, le code de déontologie des chirurgiens-dentistes interdisait « tous procédés directs ou indirects de publicité ». Le décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020 a remplacé cette interdiction générale par un cadre : la communication professionnelle est autorisée, à condition d’être loyale, honnête, prudente et mesurée.
Concrètement, vous pouvez désormais publier des informations « de nature à contribuer au libre choix du praticien par le patient » : vos compétences, votre parcours, vos conditions d’exercice, vos honoraires et modes de paiement, ainsi que des informations scientifiquement étayées sur votre discipline.
Le texte mentionne aussi, noir sur blanc, les annuaires parmi les supports où vous pouvez faire figurer vos titres, diplômes et fonctions.
Trois interdictions à connaître avant de commencer
Les témoignages de tiers. Le code interdit de faire appel à des témoignages de patients. Un carrousel d’avis sur votre page d’accueil, une section « ils nous font confiance », une citation de patiente satisfaite : tout cela vous expose. C’est le point qui distingue le plus votre profession de toutes les autres, et celui que les prestataires généralistes ignorent le plus souvent.
Les comparaisons. Vous ne pouvez pas vous comparer à d’autres praticiens ni à d’autres établissements. Exit les formulations du type « le seul cabinet de la ville à… » ou « des résultats supérieurs à la moyenne ».
Le référencement payant prioritaire. Le texte interdit d’obtenir contre paiement un référencement numérique faisant apparaître le praticien de manière prioritaire. Une campagne d’annonces sur « dentiste + votre ville » entre directement dans cette définition.
En cas de doute sur un cas précis, votre conseil départemental de l’Ordre répond — et sa réponse vaut mieux que l’avis d’une agence.
Ce qui vous reste, et qui suffit largement
Retirez les avis et la publicité, et il reste l’essentiel du référencement : des pages utiles, correctement structurées, sur un site rapide et consultable au téléphone.
Commencez par les informations pratiques, celles que vos patients cherchent réellement : l’adresse exacte, l’accès en transports, le parking, l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, les horaires, la conduite à tenir en cas d’urgence, les modes de paiement et le tiers payant. Ces pages ne paient pas de mine et ce sont les plus consultées.
Ajoutez ensuite des pages par acte : implantologie, orthodontie de l’adulte, parodontologie, soins de l’enfant. Chacune correspond à une recherche distincte et à un patient différent. C’est le principe de l’intention de recherche, et il s’applique pleinement ici.
C’est précisément ce que le code de déontologie autorise, et ce que nous validons à la main avant publication. Soumettre mon site
Le local, sans les avis
Un cabinet dentaire recrute dans un rayon de quelques kilomètres. Votre fiche d’établissement reste donc déterminante — pour vos horaires, votre adresse et vos photos, pas pour une collecte d’avis que vous ne devez pas organiser.
Veillez surtout à la stricte cohérence de vos coordonnées entre votre site, votre fiche, l’annuaire de l’Ordre et les répertoires où vous figurez. Un cabinet de groupe qui a changé de raison sociale en traîne souvent trois versions pendant des années.
Ce que montrent nos annuaires
Nous éditons 132 annuaires. La rubrique Dentiste existe dans 6 d’entre eux et rassemble 153 fiches publiées — une moyenne par rubrique bien supérieure à celle des métiers du bâtiment.
Les plus fournies sont frannuaire.com avec 38 fiches, annuaireblogs.org avec 37 et dandaenvironmental.com avec 33, devant 1morelink.com et ot-loiresillon.fr avec 20 chacun.
Un constat s’impose en parcourant ces fiches : le Québec domine très largement. Montréal, Outremont, Lasalle, Gatineau, Longueuil, Saint-Jean-sur-Richelieu, Valleyfield reviennent sans cesse, là où les cabinets français se comptent sur les doigts d’une main — quelques-uns à Paris, Lyon et Bruxelles. La réglementation française y est probablement pour quelque chose : les praticiens québécois communiquent depuis bien plus longtemps.
Pour un cabinet français, cela signifie une place largement disponible sur ces rubriques.
Pourquoi les annuaires conviennent particulièrement à votre profession
Quand la publicité payante vous est fermée et que les avis vous sont interdits, il reste les supports qui présentent une information factuelle : nom, adresse, spécialités, diplômes. C’est exactement ce que fait une fiche d’annuaire, et c’est exactement ce que le décret autorise.
Encore faut-il choisir des répertoires sérieux. Reconnaître un annuaire de qualité tient en quelques vérifications : rubrique réellement alimentée, fiches rédigées et non copiées, validation humaine des inscriptions, annuaire lui-même indexé.
Et rédigez un texte différent pour chacun. En examinant les 87 000 fiches de nos annuaires, nous en avons dépublié 830 qui reprenaient un texte identique d’un site à l’autre : elles finissaient écartées comme contenu dupliqué sans rien rapporter à leurs auteurs.
La prudence particulière due aux sujets de santé
Les contenus qui touchent à la santé sont évalués avec une exigence supérieure — c’est ce que recouvre la notion d’expertise et de fiabilité. Signez vos pages, mentionnez votre numéro RPPS, datez vos contenus et citez vos sources quand vous expliquez une technique.
Ce soin n’est pas seulement déontologique : une page médicale anonyme et non datée part avec un handicap durable face à une page signée par un praticien identifiable.
Questions fréquentes
Un chirurgien-dentiste a-t-il le droit d’avoir un site internet ?
Oui. Le décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020 a mis fin à l’interdiction générale de publicité et autorise la communication professionnelle, y compris par un site internet, à condition qu’elle reste loyale, honnête et qu’elle n’induise pas le public en erreur.
Peut-on afficher des avis de patients sur le site d’un cabinet dentaire ?
Non. Le code de déontologie interdit de faire appel à des témoignages de tiers. C’est une différence majeure avec les autres métiers, où les avis constituent un levier central. Sollicitez plutôt la qualité de vos informations pratiques, que rien n’interdit.
Le référencement payant est-il autorisé pour un dentiste ?
Non, pas sous la forme d’un achat de position. Le texte interdit expressément d’obtenir, contre paiement, un référencement numérique faisant apparaître le praticien de manière prioritaire. Le référencement naturel et les annuaires professionnels, eux, ne sont pas visés.
Que peut-on écrire sans risque sur le site d’un cabinet ?
Vos compétences, votre parcours, vos diplômes et titres, vos conditions d’exercice, vos horaires, vos honoraires et modes de paiement, l’accès au cabinet, ainsi que des informations scientifiquement étayées sur votre discipline. C’est déjà beaucoup — et peu de cabinets le font correctement.
Sources
- Décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020 portant modification du code de déontologie des chirurgiens-dentistes et relatif à leur communication professionnelle — Légifrance.
- Code de la santé publique — articles R.4127-201 et suivants.
- Conseil national de l’Ordre des chirurgiens-dentistes — recommandations sur la communication professionnelle.
- Google Search Central — Créer des contenus utiles, fiables et axés sur l’utilisateur.
D’autres professions font face à des contraintes comparables : le référencement en médecine esthétique, et dans un tout autre registre celui d’un praticien bien-être.
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