Annuaire dofollow ou nofollow : ce que ça change
Publié le 16 septembre 2026 mis à jour le 23 septembre 2026
Sur les forums de référencement, la question revient invariablement dès qu’un annuaire est mentionné : « il est en dofollow ? ». Elle sous-entend qu’un lien suivi serait automatiquement précieux et un lien non suivi automatiquement inutile. Les deux hypothèses sont fausses, et cet article explique pourquoi, sans jargon inutile. Pour situer le débat dans son ensemble, consultez notre dossier sur la place des annuaires dans une stratégie SEO.
Une précision de vocabulaire qui n’est pas anodine
Il n’existe pas d’attribut HTML « dofollow ». Le langage n’en propose pas, et aucun moteur n’en attend. Ce que la profession appelle un lien dofollow est en réalité un lien ordinaire, c’est-à-dire dépourvu d’attribut restrictif. Le seul attribut réellement présent dans le code est rel="nofollow", apparu en 2005 pour lutter contre le spam de commentaires, rejoint plus tard par rel="sponsored" et rel="ugc".
Cette précision compte parce qu’elle rappelle que le lien suivi est la norme et le lien restreint l’exception signalée. Un annuaire qui vante ses « liens dofollow » ne propose donc rien de particulier : il annonce simplement qu’il ne fait rien de spécial, ce qui n’a jamais constitué une garantie de qualité.
Comment vérifier concrètement
La vérification prend une trentaine de secondes et ne nécessite aucun outil payant :
- Ouvrez une fiche existante de l’annuaire, dans la catégorie qui vous intéresse.
- Faites un clic droit sur le lien du site listé, puis « Inspecter » ou « Afficher le code source ».
- Cherchez la balise d’ancrage correspondante et regardez si un attribut
rell’accompagne. - Vérifiez aussi la présence d’une redirection intermédiaire : certains annuaires passent par une URL de comptage qui casse le lien direct.
Ce dernier point est plus important que l’attribut lui-même. Un lien qui transite par un script de redirection bloqué aux robots n’est ni suivi ni non suivi : il est tout bonnement invisible pour un moteur. Beaucoup d’annuaires annoncés en dofollow relèvent exactement de cette configuration.
Ce qui a changé en 2019
Jusqu’en 2019, l’attribut nofollow fonctionnait comme une consigne binaire : le moteur ne suivait pas le lien et ne lui accordait aucun crédit. Google a alors annoncé un changement de traitement : nofollow, sponsored et ugc sont désormais considérés comme des indices parmi d’autres, que le moteur peut choisir de prendre en compte pour l’exploration et le classement.
Concrètement, cela signifie qu’un lien non suivi n’est plus un cul-de-sac théorique. Cela ne signifie pas pour autant qu’il vaut un lien ordinaire : l’indication reste une indication, et un moteur qui la reçoit a de bonnes raisons de la respecter la plupart du temps. La conséquence pratique est surtout de relativiser l’obsession de l’attribut, pas de l’inverser.
Pourquoi tant d’annuaires appliquent le nofollow
Trois motifs, tous légitimes. Le premier est défensif : un annuaire qui distribue des liens suivis vers des milliers de sites qu’il ne contrôle pas s’expose à devenir la cible de candidatures opportunistes, voire de sites douteux. Le second est déontologique : lorsque l’inscription est payante, la documentation officielle recommande de signaler le caractère sponsorisé du lien. Le troisième est pratique : cela dissuade les demandeurs qui ne cherchent qu’un lien, et laisse venir ceux qui cherchent une visibilité.
Un annuaire en nofollow n’est donc pas un annuaire au rabais. C’est souvent, au contraire, le signe d’une gestion consciente des risques — y compris des vôtres, comme le rappelle notre article sur les risques et pénalités associés aux annuaires.
Proposez votre site à un répertoire francophone modéré, où chaque fiche est vérifiée avant mise en ligne. Soumettre mon site
Ce qu’un lien non suivi vous apporte quand même
Réduire un lien à sa capacité de transmettre de l’autorité, c’est oublier tout le reste. Un lien non suivi conserve :
- Le trafic humain. Un visiteur qui clique se moque de l’attribut rel. C’est le seul bénéfice entièrement sous votre contrôle et entièrement mesurable.
- La visibilité de marque. Votre nom apparaît dans une liste consultée, ce qui vaut mention même sans crédit algorithmique.
- La cohérence de vos informations. Une fiche exacte contribue à la lisibilité de votre entreprise sur le web.
- Le naturel du profil. Un profil de liens exclusivement composé de liens suivis est statistiquement anormal. Le web réel produit un mélange.
Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. Prenons un cabinet d’architecte qui obtiendrait, en trois mois, quarante liens tous suivis, tous avec la même ancre commerciale. Le motif saute aux yeux. La diversité d’attributs fait partie de ce qui rend un profil crédible.
Le piège de l’argument commercial
Méfiez-vous des plateformes qui font du dofollow leur principal argument de vente. Cette promesse s’adresse explicitement aux référenceurs, pas aux internautes, et révèle donc la vraie finalité du site : vendre du lien. Or c’est précisément la configuration que les consignes de Google décrivent comme un schéma de liens.
Le raisonnement se tient aussi à l’envers : un annuaire dont l’argumentaire parle de sélection, de rédaction des fiches et de public visé n’a pas besoin de promettre un attribut. Il vend autre chose. Notre analyse de la valeur réelle d’un backlink d’annuaire montre à quel point ce qui compte se situe ailleurs que dans le code source.
Le bon ordre des critères
Voici la séquence d’évaluation que nous recommandons, du plus déterminant au moins déterminant :
- L’annuaire est-il consulté par de vrais visiteurs ?
- Sa thématique correspond-elle à votre activité ?
- Y a-t-il une modération humaine visible ?
- Le lien est-il direct, sans redirection opaque ?
- Et enfin, seulement : l’attribut
relest-il présent ou non ?
Si vous arrivez à l’étape cinq et que les quatre précédentes sont satisfaisantes, l’attribut ne changera pas grand-chose à votre décision. S’il fallait résumer en une phrase : l’attribut modifie l’ampleur du bénéfice, la qualité du site détermine s’il y a un bénéfice du tout.
Et si l’inscription est payante ?
Une inscription payante n’a rien de répréhensible en soi : elle finance la modération et l’hébergement. En revanche, lorsqu’un paiement conditionne l’obtention du lien, la pratique conforme consiste à ce que l’annuaire signale ce lien comme sponsorisé. Un annuaire qui facture l’inscription et promet un lien pleinement suivi vous place dans une zone que vous n’avez pas choisie.
Le critère de décision reste simple : payez pour une visibilité qui vous intéresserait même sans considération de référencement. Si le seul bénéfice attendu est l’attribut du lien, l’achat n’a pas de justification solide.
Questions fréquentes
Un annuaire en nofollow sert-il à quelque chose ?
Oui, pour le trafic, la visibilité de marque et la cohérence de vos informations. Il ne transmettra pas ou peu d’autorité, mais ces trois bénéfices sont indépendants de l’attribut du lien.
Comment savoir si un annuaire est en dofollow ?
Ouvrez une fiche existante et inspectez le code du lien sortant. Vérifiez aussi qu’il ne passe pas par une redirection intermédiaire, cas très fréquent qui rend le lien inexploitable pour un moteur.
Google ignore-t-il totalement les liens nofollow ?
Depuis 2019, ces attributs sont traités comme des indications et non comme des interdictions absolues. Le moteur peut donc en tenir compte pour l’exploration, sans que cela équivaille à un lien ordinaire.
Faut-il refuser un annuaire parce qu’il est en nofollow ?
Non. Ce critère arrive en dernier dans l’évaluation : un répertoire pertinent, modéré et consulté reste préférable à une plateforme en liens suivis mais sans aucun public.
Sources
- Google Search Central — Attributs de lien qualifiés : rel nofollow, sponsored et ugc.
- Google Search Central — Annonce du traitement des attributs de lien comme indications (2019).
- Google Search Central — Consignes sur les schémas de liens et les liens payants.
Trois métiers où la nature du lien d’annuaire se discute vraiment : un couvreur, un site de voyance et un blog.
Article informatif. Le SEO évolue et aucun résultat n’est garanti : privilégiez toujours des pratiques conformes aux consignes de Google.